Charles II de Wendel est l’un des principaux entrepreneurs qui ont marqué le décollage de l’industrie sous Louis-Philippe puis son basculement, sous le Second Empire, vers la révolution induite par l’expansion générale du réseau ferré.
Mineur à la mort de son père en 1825, il commença par acquérir un bagage technoscientifique de haut niveau (Polytechnique) ; puis il rejoignit son beau-frère Théodore de Gargan à la direction des affaires de sa famille.

Côté sidérurgie, son « règne » fut marqué par des transformations répondant à plusieurs buts : gains sur les coûts et la qualité de la matière première, gain de productivité dans les hauts-fourneaux et modernisation de l’outil (usine dernier cri de Stiring), intégration de la production au débouché (les rails) et recours permanent au crédit bancaire. Wendel en vint ainsi à poser ses propres rails entre Hayange et Moyeuvre et à être actionnaire des compagnies de l’Est et des Ardennes, fusionnées en 1864. 

Quand Metz fut raccordé à la Belgique via Thionville et à Sarrebrück via Forbach, il disposait d’un vaste réseau, dont il était à la fois fournisseur et utilisateur. Sa gestion fut encore liée à une étroite association avec la banque Seillière, qui finançait par ailleurs les Schneider au Creusot. Cet adossement bancaire, à la base du considérable essor des Wendel à cette époque, fut un soutien précieux lors de la sévère crise de 1848 ou du choix risqué d’une modernisation radicale en 1860.

L’œuvre sociale de Charles de Wendel (notamment à Stiring) reste emblématique de la politique des grands patrons de son temps en ce domaine, tout à la fois soucieux de retenir leur main-d'œuvre et d’appliquer les idées « progressistes » alors en pointe en matière de logement, d’assurance et d’hygiène. Ce fut lui qui fut à l’origine du système « paternaliste » qui devait perdurer chez les Wendel jusque dans les années 1960.
Charles ne négligea pas non plus la politique (conseil général, députation).